2016 republican candidates, habing officially declared

Ils sont désormais quinze ! Quinze candidats républicains à la Maison Blanche. Et la liste s’allonge tous les jours. Beaucoup de ces candidatures n’ont aucune chance d’aller au bout, à peine plus de survivre aux premiers scrutins de janvier et février prochain, ou de faire bonne figure dans les débats publics de l’automne. Mais en l’absence de scrutin ou de débat,  c’est à celui que fera le plus de bruit dans les médias. Et à ce jeu, le vainqueur est incontestablement Donald Trump. Pourtant sa candidature n'a aucune crédibilité. Au contraire de celles, plus discrètes, de Jeb Bush et Scott Walker

Donald Trump

Le milliardaire aux épaisses mèches blondes et éternelles cravates fluo, qui a lancé sa campagne le 16 juin, depuis la « Trump Tower », gratte-ciel de New York qu’il a fait construire et qui porte donc son nom, est le roi des petites phrases et de la provocation. Sur l’immigration, sur les retraites, sur l’économie, sur ses adversaires, ou tout autre sujet,  il sait ce qu’il faut dire pour faire les gros titres. Mais il n’a pas d’expérience politique. Il n’a jamais été élu, ne serait-ce que conseiller municipal. Il ne représente rien sinon la surface médiatique que ses milliards et ses déclarations chocs peuvent acheter. Il disparaîtra de la campagne aux premiers remous, comme ce fut le cas par le passé.
Trump est un trublion. Homme d’affaires à la personnalité flamboyante, il jouit d’une célébrité nationale, quand ses adversaires sont inconnus au-delà de leur circonscription. Enfin, voilà près de vingt-cinq ans que Trump évoque sa candidature à la Maison Blanche. Jusqu’à présent, celle-ci ne s’était matérialisée qu’une seule fois, en 2000. Sa campagne n’avait alors duré que quelques semaines. Il s’était retiré en février, après des zéros pointés aux premières primaires. Il en sera probablement encore ainsi en 2016. Donald Trump n’est qu’un divertissement d’été.

Jeb Bush

En attendant il occupe l’espace et fait de l’ombre aux candidats plus sérieux. Ils sont quelques uns, dont Jeb Bush. 
Jeb est le frère cadet de George W. Bush, le 43e président des Etats-Unis et le second fils de George Herbert Walker Bush,  le 41e président. Il  fut gouverneur de la Floride de 1998 à 2005. Il est marié à une femme d’origine mexicaine, au prénom romantique de Colomba. Il a 62 ans et a officialisé sa candidature à la Maison Blanche le 15 juin dernier,  avec un discours prônant un « conservatisme compassionnel », comme son frère George W, voici quinze ans. Bush est, à ce jour, le plus sérieux, et le mieux armé, des candidats républicains.  Il possède l’expérience politique et  dispose d’un réseau de soutiens sans équivalent, grâce à ses ascendants familiaux. Sexagénaire au visage encore juvénile, il fait passer les quadras du parti pour des jeunots. Il peut attirer à lui à la fois le vote hispanique et le vote catholique (il s’est converti après son mariage), sans s’aliéner les électeurs plus conservateurs. Son seul défaut, mais de taille, Jeb manque cruellement de charisme. Jeb Bush est plutôt renfermé et discret. Après Obama, George W. et Bill Clinton, aux personnalités expansives il semble terne comme un dimanche de pluie. En mal d’énergie et d’imagination, Jeb Bush ne suscite pour l’instant aucune passion. Or il en faudra en novembre 2016 pour battre Hillary. Ce qui pourrait inciter les électeurs du parti de l’éléphant à y regarder à deux fois avant d’en faire leur champion
Du coup, un nouveau venu dans la course, suscite le plus grand intérêt : Scott Walker.
Scott Walker a officialisé sa candidature présidentielle ce lundi 13 juillet. Non par un discours, mais par une vidéo postée sur Youtube. Comme Hillary. Il s’y présente en « conservateur fier de l’être » qui a su « se battre et gagner sur ses valeurs » et propose de « faire gagner l’Amérique ».

scott walker

Scott Walker est une des figures montantes du parti républicain. Il  a 47 ans et est gouverneur du Wisconsin, un état rural des bords du lac Michigan, à la frontière du Canada, plat pays de pâturage et d’hivers interminables. Walker s’est fait un nom en 2012. A peine élu gouverneur, il avait obtenu des concessions salariales importantes des fonctionnaires de son Etat pour en garantir l’équilibre budgétaire. Les syndicats ne le lui avaient pas pardonné, lançant dans la foulée une pétition pour son « rappel » (« recall » en américain). La campagne avait été suivie par tout le pays, et le vote était devenu un test de l’état d’esprit national.  C’était un nouveau bras de fer entre un exécutif conservateur et des syndicats de gauche. Comme celui qui avait opposé Ronald Reagan aux aiguilleurs du ciel dans les années 80. Une joute entre fortes têtes. Et Walker était sorti vainqueur de la confrontation. Les électeurs l’avaient maintenu à son poste à plus de 53% de majorité. Une victoire qui a assis sa réputation. Depuis Walker  a été élu à un second mandat et il est considéré comme quelqu’un de fiable.   « He can get things done » disent les Américains, « ils sait faire les choses ». C’est un homme simple, sans fortune personnelle, proche des électeurs et étranger à Washington D.C., la capitale fédérale, ce qui compte toujours dans une élection présidentielle. Du coup, il s’est vu instantanément propulsé en tête des sondages.

Republican Primary Debate 2012


De là à le voir déjà élu,  il n’y a qu’un pas que les médias américains ont allègrement franchi. C’est aller beaucoup trop vite. Scott Walker n’a aucune expérience internationale, il n’a jamais terminé ses études universitaires, il n’a pas fréquenté l’armée, et il n’a pas de soutien financier important. Surtout c’est sa première campagne présidentielle et il est jeune. Son entrée en lice pourrait être un ballon d’essai en vue d’une  candidature plus aboutie dans quatre ou huit ans…
 Quoi qu’il en soit Walker,  est un des candidats « crédibles » au sein du camp républicain. Il devrait parvenir à tirer son épingle du jeu au moins au début de la campagne. Et à y regarder de près, sur les quinze candidats déclarés,  ils ne sont pas si nombreux à pouvoir  en dire autant.