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Quand Trump dénonce le « système » comme « truqué »,  il a raison sur le fond mais tort sur la forme ! Sa défaite, si elle se confirme, n’est pas la faute du système, mais la sienne et celle du parti républicain.

 

A l’aube du 3e et dernier débat de la campagne présidentielle américaine, la cause est comme entendue. Les sondages donnent à Hillary Clinton une avance jugée « irrattrapable » (sept points en moyenne) sur Donald Trump qui semble avoir intégré cette donnée, ainsi qu’en témoignent ses accusations répétées contre un « système truqué ».  

 

C’est le genre de propos que les vaincus tiennent à l’issu du scrutin, en guise d’excuses pour masquer leur échec. Le scrutin en question est encore éloigné de trois semaines, mais Trump agit comme si son résultat était acquis. C’est une double erreur. Erreur stratégique et erreur tactique. Erreur tactique car cela conforte chez les électeurs l’idée que le combat est perdu et qu’il n’est donc pas nécessaire de se battre, c’est-à-dire d’aller voter. Or s’il y a bien une chose dont Trump a besoin aujourd‘hui c’est du soutien actif de chacun de ses supporters. Erreur stratégique aussi, car Trump était supposé connaître le système avant de s’y attaquer. Blâmer le système pour justifier son échec à en prendre le contrôle c’est révéler son amateurisme.

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La campagne n’est pas terminée. Mais quelle qu’en soit  l’issue, aussi bien Donald Trump que les Républicains auront péché par amateurisme. Car sur le fond Donald Trump a raison. Bien sûr que le système est « truqué » !.  Mais sur la forme il a tort. Car si c’est le cas et s’il le savait pourquoi se soumettre aux diktats du « système » en se portant candidat à la Maison Blanche…

Depuis le premier débat face à Hillary Clinton, Donald Trump affronte un tsunami d’accusations concernant son attitude vis à vis des femmes. Il a manqué de respect à une Miss Univers ! Il a prononcé des grossièretés, voici plus de dix ans,  sur les zones érogènes féminines.  Il se serait livré à des attouchements non sollicités… bref l’homme est un vulgaire macho, voire un violeur en puissance, et en conséquence, indigne d’occuper la Maison Blanche. Car, comme chacun sait, seuls des hommes irréprochables ont occupé les lieux ! Peu importe que Thomas Jefferson eut fait d’une de ses esclaves sa maitresse ;  peu importe que Thomas Harding ait tant trompé son épouse que celle-ci soit soupçonnée d’avoir fini par l’empoisonner;  peu importe que Franklin Roosevelt ait eu une  maîtresse et Eleanor, son épouse, également;  peu importe que Dwight Eisenhower ait pris du bon temps en Europe, et peut-être après…  ; peu importe que John Kennedy ait eu une secrétaire personnelle qui ne savait pas taper à la machine; peu importe que Bill Clinton ait fumé le cigare… vous connaissez la suite ! Et il ne s’agit là que de personnes ayant occupé la Maison Blanche. Evoquer le Congrès demanderait une édition en plusieurs volumes…

 La campagne médiatique qui s’est déchainée aux Etats-Unis contre Donald Trump est un monument d’hypocrisie. Mais cette hypocrisie est ancrée dans le système. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais, et prions ensemble pour que ce que je fais ne soit jamais connu. »  C’est la règle d’or de la politique américaine.

Souvenons-nous ! Quelle est la différence principale entre la politique en France et la politique aux Etats-Unis. En France les hommes politiques tombent pour l’argent  (Cahuzac & Co) aux Etats-Unis ils tombent pour les femmes… Trump va sans doute tomber, avant même d’être monté sur la marche espérée…

Ainsi les média se sont rués sur son cas dès lors que fut révélée cette faille dans son personnage. C’est de bonne guerre, il aurait dû le savoir et le parti républicain aussi.

 Néanmoins il n’a pas tort de dénoncer le système comme truqué. D’ailleurs il n’est pas le seul. Bernie Sanders disait exactement la même chose durant les primaires démocrates et les faits lui ont donné raison. Mais il a quand même perdu ! Or, l’objectif d’une campagne électorale est de gagner (c’est ce que le sport et la politique ont en commun : seule la victoire compte. L’idée que « l’important c’est de participer » n’est qu’un lot de consolation à deux balles pour les naïfs…)

Si Donald Trump s’est présenté à la présidence des Etats-Unis c’est avec l’idée de l’emporter. Se mettre à geindre à trois semaines du scrutin parce qu’il se rend compte qu’il ne va pas y parvenir est indigne et inacceptable.

Donald Trump and the rigged system

 Bien sûr la majorité des média est contre lui. A part Fox News, Breitbart, et quelques quotidiens locaux (Washington Times, The Examiner, The New York Post) aucun média n’a jamais adopté son point de vue. Alors que le point de vue de l’adversaire est naturellement suivi parce que conforme aux diktats du politiquement correct. 

Bien sûr qu’un certain nombre d’électeurs sont maintenus dans une situation où ils ne peuvent exercer librement leur droit à la liberté de parole et de pensée ou même leur droit de vote. Les Démocrates ont dénoncé cet état de fait pendant des décennies ayant à l’esprit la condition de la minorité noire. Mais aujourd’hui cette situation ne concerne pas seulement les noirs, mais aussi la petite classe moyenne blanche, responsable de rien mais coupable de tout aux yeux des biens pensants, qui ne cessent de dénoncer son mode de vie alors même qu’elle perd pied…

 Mais tout cela Donald Trump le savait ou aurait dû le savoir. Au printemps il a joué le peuple républicain contre l’establishment républicain, avec la complicité des médias et du camp démocrate, où chacun savait qu’il serait le candidat le plus facile à battre.  A présent qu’il n’arrive pas à rassembler derrière lui la majorité du peuple américain il ne peut dénoncer les médias pour leur supposée complicité. Il connaissait les règles du jeu. Il doit les respecter jusqu’au bout.

 D’autant que dans sa défaite annoncée – sauf incident majeur tel un attentat ou une alerte santé pour Hillary Clinton -  il tient sa part de responsabilité et le parti républicain aussi. Trump a été victime des divisions du parti suscitées par sa candidature alors même qu’en tant que nominé il lui revenait de ressouder le parti derrière sa candidature ! Coûte que coûte ! Ce qu’il n’a jamais cherché à faire.

Résultat les accusations concernant son comportement vis à vis des femmes se sont retournées contre lui. Non parce qu’elles sont vraiment dommageables. Mais parce qu’elles ont servi de  prétexte à de nombreux Républicains, qui n’attendaient que cela, pour lâcher Donald Trump. 

Si Trump est battu le 8 novembre, la non participation des électeurs républicains y sera pour beaucoup – comme ce fut le cas pour Mitt Romney en 2012 - et cela n’a rien à voir avec le fait que le système soit truqué ou pas.