President Trump facing the mid term elections 2018

 Il reste moins de deux mois avant les « mid-terms », les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Elles auront lieu le 6 novembre. Il s’agit du scrutin le plus important depuis l’élection présidentielle de 2016 et la victoire surprise de Donald Trump. Les démocrates  rêvent de ce scrutin depuis la descente aux enfers qu’ils connurent la nuit du 8 novembre 2016 et le cauchemar qu’ils vivent  tout éveillés depuis. Imaginez ! Leur candidate a été battue. Leur ennemi le plus détesté est au pouvoir. Et sa politique fait… merveille ! Non seulement ils ont perdu. Mais ils sont confrontés tous les jours à la réussite de recettes qu’ils ont toujours rejetées et qu’ils moquaient encore hier.  Chaque jour qui passe apporte un peu plus la preuve qu’ils ont tort sur toute la ligne, en matière d’économie. Que l’Amérique se porte mieux, et même beaucoup mieux,  sans eux ! La double peine en quelque sorte. Alors ce scrutin de mi-mandat, ils en rêvent comme d’une revanche. Mieux, comme du début d’une vengeance sans merci…

 hillary-clinton-concession-speech-2016

Le 6 novembre  prochain,  les Américains éliront l’ensemble de leurs « Représentants », soit 435 députés. Les « Représentants » siègent à la chambre basse du Congrès. Leur mandat n’est que de vingt-quatre mois et la chambre est donc renouvelée dans son intégralité tous les deux ans.

Le 6 novembre, les Américains éliront aussi un tiers de leurs Sénateurs, soit 34. Le Sénat compte cent sièges. Un mandat de sénateur est de six ans, mais cette chambre est renouvelée par tiers tous les deux ans.

Les Américains se rendront aussi aux urnes pour élire un nouveau gouverneur dans 35 de leur 50 Etats. Ils voteront également pour les députés et certains sénateurs de leurs assemblées d’Etat. Ils devront désigner des juges, des shérifs, des commissaires à l’éducation, parfois des maires… Aux Etats-Unis tous les postes qui participent à la vie publique sont déterminés par les urnes.

De tous ces scrutins les deux premiers sont les plus importants et les plus suivis car ils ont une résonance nationale, quand les autres n’ont qu’une incidence régionale ou locale. Le Congrès, composé de la Chambre des Représentants et du Sénat, constitue le pouvoir législatif aux Etats-Unis. Il demeure fort et peut soutenir ou, au contraire, bloquer l’agenda du président.

U

Actuellement le Congrès est dominé par le Parti Républicain. Les « éléphants » (surnom du parti) sont majoritaires au Sénat, avec 51 sièges contre 49, et majoritaires à la chambre avec 241 sièges  contre 194. Cette majorité législative est fragile. Il suffirait que deux sièges de sénateurs basculent en faveur des Démocrates et que ceux-ci gagnent vingt-quatre sièges à la Chambre pour qu’ils deviennent le parti majoritaire. Ce qui leur permettrait non seulement de bloquer les initiatives du président, mais aussi de chercher à carrément se débarrasser de lui, via une procédure de « destitution » (impeachment) ou tout autre subterfuge constitutionnel. En fait ils n’ont même pas besoin de reprendre la majorité dans les deux chambres pour contrer le président Trump. Contrôler la seule Chambre des Représentants permettrait de lancer une procédure de destitution, et contrôler le seul Sénat leur permettrait de bloquer toutes les nouvelles nominations du président…

 United States Senate 2017

L’enjeu du scrutin est donc colossal.

 A la vérité ces élections se présentent bien plus comme un référendum sur Donald Trump que comme des élections parlementaires ordinaires. Le président américain est sous le feu de critiques renouvelées pour son comportement, ses propos et ses sautes d’humeur. Et en l’absence d’une alternative crédible à sa politique, les démocrates trouvent plus simple et plus efficace d’attaquer le bonhomme directement, plutôt que les réformes qu’il a mises en place depuis deux ans. L’actualité politique américaine n’est donc qu’une suite d’invectives et de psychodrames médiatiques avec au centre la figure incontournable de Donald Trump.

 Trump supporters after election 2016 results

Ainsi  tandis qu’en France, les attentats terroristes sont désormais passés sous silence comme des gestes de « déséquilibrés » et qu’à la place on nous décline sous tous ses angles la pseudo affaire Bennalla, aux Etats-Unis,  le moindre évènement  devient l’occasion de faire le procès médiatique de Donald Trump.  

 Cela a commencé par un enterrement. Celui de John Mc Cain, décédé le 25 août. Mc Cain était sénateur républicain de l’Arizona. Il avait été candidat à la Maison blanche en 2008 face à Barack Obama et avait été battu. C’était un héros de la guerre du Vietnam, prisonnier de guerre et qui avait survécu à six ans de détention. Il appartenait aussi à l’aile centriste du Parti Républicain : très conciliant sur les questions de société - favorable à l’immigration, aux droits des minorités sexuelles, à l’avortement, etc mais un faucon en politique étrangère, notamment vis-à-vis de la Russie et des régimes non démocratiques de la planète.

 John Mc Cain's funeral

Bref Mc Cain était à l’opposé de Trump et les deux hommes ne s’aimaient pas. Trump avait insulté Mc Cain en insinuant que les vrais « héros » ne sont pas faits prisonniers et Mc Cain s’était vengé en fournissant le vote décisif contre la loi visant à supprimer « l’Obamacare », condamnant à l’échec une promesse de campagne majeure du candidat Trump.  

Mc Cain, qui se savait condamné, avait pris des disposition pour que le locataire de la Maison Blanche ne soit pas invité à ses funérailles. C’est donc l’ancien président Obama qui prononça l’éloge funèbre,  flanqué de John Kerry et de Charles Schumer, deux élus démocrates… De  sorte que les obsèques du vieux soldat Mc Cain ont tourné à une harangue anti-Trump diffusée par toutes les chaînes d’information américaines. C’était le 2 septembre.

 Bob Woodward's Fear

Trois jours plus tard, les bonnes feuilles de « Fear » (La Peur) le dernier livre de Bob Woodward, célèbre journaliste d’investigation qui fit sa renommée lors de l’enquête sur le Watergate, étaient diffusées à travers la presse. Elles présentaient aux Américains une Maison Blanche en proie au chaos, aux conflits de toutes sortes, aux médisances, et un président dont tout le monde se défiait et dont tout le monde cherchait à modérer les pires instincts sans y parvenir…

Et si cela ne suffisait pas, le lendemain même une tribune anonyme paraissait dans le New York Times, rédigée par une personne se présentant comme membre du cabinet du président et accusant celui-ci d’agir de manière irrationnelle et imprévisible et de  mettre carrément la nation en danger.

The Anonymous letter 

Le cas d’un fonctionnaire de la Maison Blanche attaquant le président par le biais d’une lettre anonyme est sans précédent dans l’histoire américaine. Et Donald Trump s’est fendu d’un tweet rageur « TREASON », « TRAHISON » en lettres majuscules. La presse a emboité le pas évoquant une crise constitutionnelle majeure.

En vérité cela tient plus de la tempête dans un verre d’eau ! Le président Trump est l’élu légitime de la nation américaine. Tant qu’il ne viole pas la Constitution il peut rester à sa place et finir tranquillement son mandat. L’auteur de la lettre anonyme n’a, par contre, aucune légitimité, il, ou elle, a été nommée à son poste et est révocable sur le champ.

Les accusations contenues dans son courrier sont  d’une  désarmante faiblesse. Le président ne serait pas fidèle aux préceptes du Parti Républicain et il ne serait pas capable de se concentrer sur un sujet lors des réunions de cabinet… Et alors ? Ce ne sont ni des crimes, ni des délits, et surtout pas des faits passibles d’une procédure de destitution…

De sorte que la missive en question a eu un effet déstabilisateur beaucoup plus sur  la forme – une tribune anonyme – que sur le fond – les actes du président.

Mais elle a fait son effet. Les médias en ont parlé. Et continuent de le faire, car il s’agit désormais d’en démasquer l’auteur.  Et on a vu la cote de popularité du président Trump décliner à nouveau. Alors même qu’elle devrait être au plus haut.

Car en vérité sur le fond il n’y a rien à reprocher au président Trump. Non seulement il a tenu ses promesses de campagne mais ce faisant il a rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère qu’elle ne l’a été depuis vingt ans. Ce que l’auteur de la lettre anonyme reconnaît d’ailleurs. Le problème est que les sondages d’opinion  ne reflètent pas ces succès.

 Donald Trump Make America Great Again

Alors que tous les indicateurs sont au beau fixe avec une croissance estimée à 4,2 % en rythme annuel, un chômage au plus bas, des revenus réels à la hausse, des impôts en baisse et une bourse qui bat record sur record, la popularité du président reste en berne.

La faute aux attaques incessantes dont il est l’objet et que les médias bien-pensants relaient avec un plaisir à peine dissimulé.  Au point que le week-end dernier lorsque l’ancien président Barack Obama a prononcé  un discours en Californie, osant affirmer que la bonne santé de l’économie américaine était le résultat de « sa » politique et non de celle de ce son successeur, il ne s’est trouvé personne, hors FoxNews, (la chaine de télévision conservatrice favorable à Trump) pour dénoncer l’outrecuidance d’un tel propos  

Barack Obama speaking in California sept 2018 

Pendant la campagne présidentielle de 2016 Obama dénonçait Trump comme un « charlatan ». Seul un « miracle » pourrait faire que ses promesses –notamment une croissance au dessus de 4% - se concrétisent ! Puis tout au long de l’année 2017 ce même Obama n’a cessé de se plaindre que Trump, devenu président,  détricotait  point par point son héritage. Et le voici qui affirme désormais sans vergogne que les bons résultats de l’économie récompense « sa » propre politique… Cela est tellement aberrant qu’il faut s’appeler Obama, et connaître la docilité des médias à son égard pour oser une telle affirmation… Car ce n’est bien entendu pas le cas.

 stock market record high

La santé éclatante de l’économie américaine est la conséquence immédiate et directe  des réformes de Donald Trump. Trump est un président de rupture. Il a rejeté une approche économique bureaucratique, et sévèrement encadrée, pour embrasser la dérèglementation, la libération du secteur énergétique, le soutien aux investissements industriels,  la relance des infrastructures, et la protection du marché intérieur. Tout ce que son prédécesseur rejetait. Et c’est « sa » politique de rupture qui est récompensée.

Les démocrates le savent bien.  Ils ne peuvent attaquer Trump sur ses résultats car ceux-ci sont excellents. Seul reste, encore et toujours,  le sujet de sa personnalité.

Leur pari est que les électeurs finiront pas se détourner d’un personnage dont tout le monde dit du mal à longueur de journée. Le contre pari de Trump est que ses électeurs de 2016 lui resteront fidèles, se mobiliseront en masse pour le défendre et entraîneront avec eux les bénéficiaires de « la croissance Trump ».  

 President Trump in rallies 2018

Historiquement ce sont néanmoins les Démocrates qui ont le plus de chance de sortir vainqueurs de cette échéance, car les élections de mi-mandat sont toujours défavorables au parti occupant la Maison Blanche. L'année 2018 fera-t-elle exception à la règle… ?  

Les électeurs se déplacent pour se plaindre, rarement pour dire merci. C’est une autre des imperfections de la Démocratie…