Donald Trump at Grand Rapids meeting

Après deux ans d’enquête, le rapport du procureur spécial sur les liens entre Donald Trump et son équipe de campagne et la Russie est tombé. Ses conclusions indiquent qu’il n’y a eu ni collusion, ni conspiration, ni entrave à la justice. Au contraire de ce que nombre de médias affirmaient. Trump sort indemne, et même grandi, de cette épreuve qu’il a toujours dénoncée comme une chasse aux sorcières.   

N’en déplaise à certains bien-pensants et aux médias qui se font les porte-voix de leur idéologie, le président Donald Trump risque  de rester à la tête de l’Amérique au-delà de 2020. Il vient de remporter une victoire majeure dans l’enquête du procureur spécial sur une possible collusion avec la Russie.

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Dans son rapport remis au ministre de la justice, le « procureur spécial » Robert Mueller a en effet reconnu qu’il n’a pas été en mesure de rassembler les preuves d’une quelconque « collusion, ou conspiration, ni même d’une obstruction de justice.» Les poursuites contre le président Trump s’arrêtent donc avant même d’avoir commencé. Mueller s’est refusé à « exonérer » formellement le président et son entourage, ouvrant la porte à une nouvelle polémique politicienne. Mais d’un point de vue juridique et politique  ses conclusions sont une totale vindication pour le président Trump qui a toujours nié toute collusion et affirmé que l’enquête n’était qu’une  « chasse aux sorcières » destinée à délégitimer son élection et précipiter sa chute.  

Trump Russia collusion

En même temps qu’il constitue une victoire pour le camp Trump, le rapport Mueller, dont un résumé des conclusions a été rendu public par le ministère de la justice américain, a constitué une défaite fracassante pour le camp démocrate et les grands médias américains qui affirment,  dur comme fer,  depuis deux ans que la collusion est prouvée et que les jours du président à la Maison Blanche sont comptés.

Pour comprendre l’impact de ce rapport il faut revenir sur les faits.

Tout commence vraiment le 8 novembre 2016. C’est le jour de l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Il est 18h sur la côte Est. Les bureaux de vote commencent à peine de fermer et les Démocrates et les journalistes  de CNN,  MSNBC, CBS ou ABC, les grandes chaînes de télévision, s’apprêtent à célébrer un évènement historique, l’élection d’une femme à la présidence des Etats-Unis en la personne d’Hillary Clinton.

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Tous les sondages la donnent largement en tête depuis des semaines. Certains observateurs ont même prédit une déculottée aux Républicains, dont le candidat Donald Trump, est dépeint comme un conservateur ringard, un vulgaire amuseur de foire aux idées simplistes et dangereuses ! Pensez-vous, il prétend vouloir « restaurer la grandeur de l’Amérique » alors que le monde entier se réjouit de son inexorable déclin…

Mais les résultats ne sont pas tout à fait ceux qu’on attendait. Trump l’emporte dans les Etats clés.  Loin d’être distancé, il fait jeu égal avec la candidate démocrate. Mieux il bat Hillary dans des Etats considérés comme des bastions « bleus » (couleur du parti Démocrate). La soirée tourne au cauchemar pour Hillary, ses supporters et les médias. Au petit matin des journalistes dépités et hagards sont contraints de se rendre à l’évidence : Donald Trump vient d’être élu président des Etats-Unis. Certes il a rassemblé moins de suffrages qu’Hillary Clinton, mais le système électoral américain est bâti de telle sorte qu’il l’emporte au sein du « Collège électoral », seule structure habilitée à décider du résultat final de l’élection. Le verdict est sans appel. Bien que minoritaire aux voix, Donald Trump est le nouveau et légitime président des Etats-Unis. Lui-même en semble le premier surpris.  Il n’y croyait pas. Ce résultat est la plus sensationnelle surprise électorale de l’histoire des Etats-Unis.

Electoral college map result 2016

Chez les démocrates, le choc laisse rapidement place à la colère ! Non seulement l’idée de subir pendant quatre ans (ou huit) les frasques de Donald Trump à la Maison Blanche les met hors d’eux-mêmes, mais ils se demandent comment un tel résultat a été possible.  Ils parviennent à une conclusion simple et pratique : Trump a triché ! D’ailleurs il existe des soupçons de contacts avec la Russie, qui s’avère le grand bénéficiaire de ce résultat électoral car Trump est plus en phase avec Vladimir Poutine que ne l’était Hillary.

Trump aurait donc volé l’élection avec la complicité du Kremlin. L’explication est pratique. Elle absout les Démocrates de toute erreur, blâme une force extérieure, et laisse peser le doute sur la loyauté du nouveau président. Il n’en faut pas plus pour que le président Obama autorise le FBI à enquêter sur la question. Car il existe bien un faisceau de circonstances troubles.

Barack Obama president of the U

Il est notoire que le Kremlin mène en permanence des campagnes de désinformation et de déstabilisation à l’égard de l’Amérique. Les deux pays sont rivaux. Ils ne se font pas de cadeaux. Des « hackers » russes ont bel et bien réussi à pirater le système informatique du parti démocrate en 2015 et 2016 en pleine campagne présidentielle. Avec la complicité de Julian Assange,  le fondateur de « wikileaks »,  ils ont mis sur la place publique des documents secrets qui ont considérablement embarrassé les Démocrates et les Etats-Unis.

Il est notoire aussi que Trump a voulu construire une de ses fameuses « Trump Tower » à Moscou !  Il dit du bien de Poutine à la moindre occasion. Il a également organisé un concours de « Miss Universe » dans la capitale russe. Selon un rapport confidentiel, qui circule alors sous le manteau à Washington, il aurait eu dans la capitale russe des comportements susceptibles de le compromettre et il serait à la merci d’un chantage des services secrets russes… Ce qui constituerait désormais une menace à la sécurité des Etats-Unis…  

Russia Hacking U

Donald Trump a aussi eu brièvement comme directeur de campagne, un certain Paul Manafort, qui a gagné beaucoup d’argent en Ukraine. Enfin l’homme pressenti pour devenir son Conseiller à la Sécurité Nationale, le général Michael Flynn s’est rendu à Moscou, à l’invitation du Kremlin…

Bref les soupçons qui pèsent sur Trump et son entourage justifient une enquête…. Le problème est que cette enquête est tout sauf confidentielle. Au sein du FBI certains agents laissent fuiter des informations sensibles. Le procès du président est instruit par médias interposés, sans attendre les conclusions de l’enquête et la moindre inculpation. Pour les démocrates,  et leurs sympathisants, il y a là matière à faire destituer Donald Trump et donc à prendre une revanche magistrale sur l’élection de 2016.  

De son côté Donald Trump sait que les accusations dont il fait l’objet ne sont que des élucubrations de journalistes et politicards amers. Il comprend que l’enquête n’est qu’un prétexte pour miner sa présidence et décrédibiliser son administration. Il souhaite qu’elle soit suspendue, purement et simplement annulée,  et il a le tort de s’en ouvrir auprès de son ministre de la justice, à l’epoque,  Jeff Sessions,  ainsi qu’auprès du directeur du FBI, James Comey. Le premier refuse d’agir prétextant un conflit d’intérêt, le second aussi, préférant laisser la justice suivre son cours.  

James comey former FBI director

Frustré, Donald Trump décide de  limoger le directeur du FBI, James Comey. La constitution lui en donne le droit, mais sur le plan politique c’est une erreur tactique majeure! Car le licenciement de  Comey peut être interprété comme une tentative d’entrave à la justice… Le directeur du FBI refusant de mettre un terme à une enquête embarrassante pour le président, ce dernier le licencie. Cela ressemble à un « cover up » ! Trump chercherait à étouffer l’affaire. Pour un président, c’est encore plus grave que d’avoir eu des contacts avec un gouvernement étranger. Les médias ont parfaitement compris que Trump vient de se tirer une balle dans le pied et se ruent à la charge pour le faire tomber… .

Nous sommes alors au printemps 2017. Les premiers jours de l’administration Trump ont été chaotiques. Face à la pression médiatique,  le ministère de la justice se résout à nommer un « procureur spécial » pour faire  toute la lumière sur toute l’affaire. C’est Robert Mueller, un  ancien patron du FBI, qui est désigné. Il est connu et respecté. Il a travaillé pour les présidents Bush fils et Obama. On le dit professionnel et  impartial.

L’équipe qu’il rassemble autour de lui – vingt avocats chevronnés, quarante-cinq enquêteurs du FBI – est par contre loin d’être neutre. On y trouve des proches d’Hillary Clinton et des gens connus pour leurs sympathies démocrates.

Robert Mueller and Kremlingate targets

Donald Trump a beau dénoncer  une chasse aux sorcières, il n’a d’autres choix que d’attendre. Car même lui, le président des Etats-Unis ne peut rien contre le « procureur spécial ». Les statuts qui le protègent sont exceptionnels. Il a les mains libres, un budget illimité, une totale indépendance, et le champ de son investigation est des plus vastes…

Les semaines et les mois passent cependant sans que l’enquête ne débouche sur des inculpations. Quelques lointains assistants du président, des intervenants sans grades sont inquiétés, mais personne de l’entourage proche. Et certains détails surprenants commencent à faire surface. Ainsi il  apparait que le « dossier » le plus compromettant (concernant le comportement de Trump lors du concours Miss Universe) n’est qu’un tissu de ragots, rassemblés par un ex-agent des renseignements  britanniques,  du nom de Christopher Steele,  payé une somme colossale – dix millions de dollars - par le parti démocrate américain pour nuire à Donald Trump. Donc ce dossier n’est pas le fruit d’une enquête légitime mais ce qui en politique s’appelle de « l’opposition research ». C’est un dossier à charge concocté à des fins partisanes. Aucune des allégations contenues dans le dossier n’est étayée de preuve et les sources invoquées ne sont autres que des agents anonymes des services… russes. Ainsi les éléments accusant Trump de collusion avec la Russie, viennent d’agents russes payés par le Parti Démocrate. On croit rêver !

Steele Dossier

Ce dossier a néanmoins servi de justification au FBI pour mener des écoutes secrètes contre les membres de l’entourage de Donald Trump. Ces écoutes secrètes, dont l’existence a été fuitée à la presse, n’ont rien révélé mais elles ont  entretenu l’idée que le FBI détenait des informations nuisibles sur Donald Trump et que les soupçons pesant sur lui étaient justifiés… Bref il apparait que l’enquête n’a aucune base factuelle mais qu’elle a trouvé un moyen d’auto-perpétuation grâce aux connivences entre les médias et certains agents du FBI.

Ainsi au lieu de nuire à Trump, l’enquête révèle un monde opaque et malsain, où des agents de l’Etat placent leurs convictions politiques avant leur devoir de réserve et détournent quotidiennement la démocratie en leur intérêt…

L’enquête du procureur Mueller va durer deux ans. Elle ne va déboucher sur aucune inculpation touchant la campagne de Donald Trump. Paul Manafort a été condamné pour des faits de fraudes fiscales antérieurs à 2014. Rien à voir avec Trump.

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Malgré des moyens considérables mis à sa disposition, dont un budget de 40 millions de dollars et plus de mille huit cents assignations à comparaitre et des centaines de témoins interrogés, l’enquête a échoué à prouver la moindre « colluion, conspiration ou entrave à la justice » !

Trump a célébré cette victoire comme il se doit. Par un meeting de campagne géant à Grand Rapîds dans le Michigan, où pendant trois heures il s’est moqué des Démocrates devant une foule conquise. Les Démocrates, en particulier les élus du Congrès,  n’ont cependant pas encore abandonné la partie. Ils veulent faire trainer l’affaire jusqu’en 2020 pour embarrasser Trump durant la campagne présidentielle et éviter sa réélection.

Ils ont du pain sur la planche. Alors que l’économie américaine continue de se  porter au mieux, cette victoire politique et la mise à jour des turpitudes de l’opposition ont renforcé la popularité de Donald Trump au sein de son électorat. Celui-ci est plus mobilisé que jamais, alors que les Démocrates se dispersent. Trump est plus que jamais le grand favori de l’élection présidentielle de novembre 2020.