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France-Amérique le blog de Gérald Olivier
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18 octobre 2025

Trump et le Proche Orient : l’odyssée de la paix (3e partie)

Troisième partie – 2024 – 2025 La paix par la force

Le premier grand tournant de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza survint le 5 novembre 2024 avec l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Après quatre ans d’absence Trump allait faire son retour à la Maison Blanche et à la tête du monde libre. Au contraire du président Biden qui n’avait cessé de retenir Israël pour éviter une « escalade » du conflit, Donald Trump assurait le premier ministre Netanyahu de son indéfectible soutien pour la réalisation de ses objectifs de guerre. Son premier message était pour les kidnappeurs du Hamas : « Libérez les otages sinon l’enfer va pleuvoir sur vous. »

Dans un langage très peu diplomatique mais parfaitement clair le futur président – Trump ne prendrait ses fonctions qu’au 20 janvier 2025 – intimait l’ordre au Hamas de libérer les otages du 7 octobre avant son entrée en fonction, sauf à en souffrir de graves conséquences. Vues les éliminations de d’Abou Bakr El Bagdadi et du général Soleimani, lors de son premier mandat, il était clair que Trump n’est pas homme à proférer des menaces en l’air.

De plus, le 8 décembre 2024, le régime de Bachar el Assad tombait en Syrie. L’Iran perdait un nouvel allié de poids dans la région et le Hamas aussi. Le groupe terroriste palestinien se retrouvait plus isolé que jamais.

Du coup un accord était trouvé à la veille de l’investiture de Donald Trump,  pour un cesser le feu à Gaza et la libération d’otages israéliens détenus par le Hamas, en échange de la libération de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Le premier ministre israélien , Benyamin Netanyahu était contre cet accord. Parce qu’il n’accomplissait pas tous les objectifs de guerre d’Israël.  Mais, il céda à la pression du nouveau président américain. Trump voulait une victoire d’entrée de jeux, même symbolique, pour démontrer sa capacité à faire bouger les lignes.

Cet accord, déjà célébré par des chants et des danses à Gaza,  prévoyait la libération progressive de tous les otages israéliens, puis le retrait des troupes israéliennes de Gaza. Rien sur la reconstruction de Gaza. Interrogé sur ce point, le président Trump indiquait sans sourciller que Gaza était devenu invivable et dangereux pour sa propre population. Dans son propre intérêt, cette population  devait être évacuée et relogée ailleurs (en Jordanie ou en Egypte par exemple) le temps de déminer le sous-sol de Gaza et reconstruire la ville. Vue sa situation géographique, Gaza, dit-il, avait tous les atouts pour devenir une magnifique station balnéaire…

Dans les think-tanks et les salles de rédaction occidentales, les experts en eurent le souffle coupé, ne sachant s’il fallait en rire ou en pleurer. Comment, dirent-ils tous,  un président des Etats-Unis pouvait-il faire une proposition aussi incongrue et en tel décalage avec les « aspirations du peuple palestinien », à savoir, avoir un Etat à eux, fut-il une taupinière explosive ?

Au Proche Orient cependant, la remarque du président américain eut-un tout autre impact. Tout le monde comprit que d’un jour à l’autre, les pays de la région pourraient être appelés à accueillir de nouveaux réfugiés palestiniens et que le « problème palestinien » au lieu d’être circonscris dans Gaza pourrait à nouveau venir déstabiliser leurs pays, comme ce fut le cas pour la Jordanie dans les années soixante. Il devenait donc urgent, non seulement de trouver une vraie solution, mais aussi de faire en sorte que Gaza soit reconstruit par des capitaux arabes, pour éviter qu’un milliardaire américain ne transforme l’endroit en sa vision d’un palais des mille et une nuits…

Le cesser le feu du 19 janvier survécut tant bien que mal jusqu’à la mi-mars. Le temps d’échanger au compte-gouttes quelques otages israéliens contre des criminels palestiniens, d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza, et de permettre aux combattant de se refaire une santé, notamment en détournant l’aide humanitaire…

Le printemps venu les combats reprirent de plus belle. Toutefois Israël, tout comme les Etats-Unis, avaient le regard également tourné vers l’Iran, et accessoirement son dernier proxy encore actif au Proche-Orient, les Houthis du Yémen.

La question dépassait le cadre de la guerre à Gaza et concernait l’éternel programme nucléaire iranien et la menace qu’il fait poser sur Israël, le Proche-Orient et même le monde. Les Etats-Unis et Israël avaient indiqué à de multiples reprises qu’ils ne laisseraient pas l’Iran obtenir sa bombe ! Point final. Par contre, si l’Iran acceptait d’abandonner son programme nucléaire, les Etats-Unis seraient prêts à rétablir des relations commerciales et diplomatiques avec la République islamique.

C’est ce que Donald Trump a signifié au Guide Suprême iranien, Ali Khamenei, dans un courrier transmis le 13 mars. Accompagnant son courrier d' un ultimatum. L’Iran avait soixante jours pour renoncer à son programme et parvenir à un accord négocié. Ne pas respecter ce délais exposerait l’Iran à des « conséquences militaires terribles ».

Téhéran choisit de jouer la montre. De négocier pour gagner du temps. Une tactique transparente qui ne trompa personne. Le délai imposé par Trump passa, sans accord. Au contraire Khamenei jurait que l’Iran n’abandonnerait jamais son ambition nucléaire.

Israël prit finalement les devants. Estimant que le programme iranien était très proche de son aboutissement, Benyamin Netanyahu ordonnait à Tsahal de frapper l’Iran le 13 juin. L’opération était baptisée « Rising Lion ». L’aviation israélienne ciblait simultanément des sites militaires, des postes de commandements, des hauts gradés de l’armée et des scientifiques impliqués dans le programme iranien. En une nuit l'appareil militaire et scientifique iranien était décapité. Et Téhéran s'avérait incapable de riposter sérieusement. Protégé par le parapluie américain – le « dome de fer » - Israel détruisait l'essentiel des missiles iraniens en vol. Alors que chaque nuit ses propres appareils poursuivaient leurs bombardements. En douze jours, Israël mit l’Iran à genoux.  

Ben que son ultimatum initial ait été dépassé, voire ignoré, Donald Trump n’a jamais cessé de garder une communication ouverte avec le régime Iranien. Il ne cessait de repousser la possibilité des « terribles sanctions militaires » évoquées plus tôt. « Nous verrons d’ici une semaine ou deux », disait-il.  A chaque délai, les observateurs remettaient sa détermination en cause. Puis vint la nuit du 21 juin. Sans rien dire bien sûr, Donald Trump lançait l’opération « Midnight Hammer ».

Sept bombardiers furitfs B2 décollaient du Missouri pour un vol de trente-cinq heures et vingt-deux mille kilomètres aller-retour. Objectifs, Fordo, Natanz et  Ispahan, les trois principaux sites d’enrichissement d’uranium et de recherches nucléaires iraniens, à onze mille kilomètres de distance. A leur bord, treize bombes GBU 57 de quinze tonnes chacune, capables de pénétrer jusqu’à trente mètres sous terre. Pour les escorter, des dizaines de chasseurs. Pour les ravitailler en carburant des dizaines d’appareils de ravitaillement en vols, postés le long du parcours. Pour les soutenir, une flotte massée en Méditerranée et en mer Rouge équipée de dizaines de missiles Tomahawk. En quelques minutes les trois cibles furent « oblitérées » selon les termes du président Trump.

Le programme nucléaire iranien venait d’être sinon détruit au moins repoussés de dix ans, sans que les avions américains aient essuyé un seul coup de feu. Trump venait de faire la preuve de sa volonté personnelle et de la force inégalée des Etats-Unis. Un message adressé à l’ensemble du monde et compris par l'ensemble du monde.     

L’Amérique se réveilla plus forte le 22 juin. Et Donald Trump plus déterminé que jamais à mettre à profit cette force et ce moment pour imposer la paix. Immédiatement il obtint qu’Israël cesse ses opérations de guerre contre l’Iran. Le conflit prit le nom de « guerre des douze jours ». Il pressa aussi Netanyahu de reprendre les négociations avec le Hamas, en vue d’une libération de tous les otages.

Steve Witkoff, son émissaire spécial au Proche Orient reprit ses navettes entre Doha et Le Caire, sites de discussions avec le Hamas par l’entremise du Qatar et de l’Egypte.

L’été se déroula au rythme des rapports d’ONGs sur la menace d’une famine à Gaza. La supposée famine était en fait orchestrée par le Hamas qui détournait l’aide humanitaire, mais les média n’en disaient mots. Comme cela a été le cas depuis 1948 la misère du peuple palestinien était à nouveau mise en scène pour attirer la sympathie du monde, et entretenir la haine d’Israël.

Comme par le passé cela a marché. Journaux et activistes ont commencé à accuser Israël de « génocide »! Un comble sachant que la stratégie du Hamas reposait sur l'utilisation de civils palestiniens comme boucliers humains !

Même Donald Trump fut ému par cette propagande. Il jugea les images retransmises par les télévisions du monde entier préjudiciables à Israël, et aux négociations.

Du coup il pressa encore plus ses émissaires de trouver une solution. Il voulait un accord de paix avant le deuxième anniversaire du 7 octobre. En même temps il mobilisa les alliés arabes des Etats-Unis.

Au moi de mai (du 13 au 16) Trump avait effectué une visite mémorable en Arabie Saoudite, au Qatar et à Abu-Dhabi, où il avait été reçu avec un faste sans précédent. Des dizaines de contrats d’investissements et de coopération avaient été signés à l’occasion. Pour plusieurs milliers de milliards de dollars. Trump rappela alors à ces dirigeants que sans une région apaisée, cette coopération ne porterait jamais ses fruits. A eux de faire pression sur le Hamas, tandis qu’il ferait pression sur Israël.

Le 27 août Trump réçoit ed Steve Witkoff et Kushner, ses deux émissaires,  ainsi que Tony Blair et Ron Dermer, conseiller de Benyamin Nétanyahu, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Pour faire le point. Le message de Kushner et Witkoff est que sur le terrain les acteurs de la guerre sont « fatigués ». Le moment est venu de les pousser à cesser le combat. Pour parvenir à cet objectif, disent-ils, il faut un déroulé précis des étapes de cette cessation des combats, avec le retour de tous les otages, et il faut un plan de reconstruction de Gaza.  Trump accueille ces deux propositions avec enthousiasme. Il demande à ses négociateurs de mettre tout cela sur du papier. Ce sera le point de départ du « plan en vingt points ».

Le 9 septembre toutefois Israël tire un missile sur la capitale qatari Doha, ciblant les négociateurs du Hamas. L’attentat échoue.  Khalil al-Hayya, principal émissaire du Hamas n’est que blessé. Par contre un citoyen Qatari est  tué. C’est la première fois qu’Israël ose attaquer un allier des Etats-Unis dans la région. Les Qataris sont choqués et inquiets. Donald Trump est furieux. Il avait certes été prévenu, mais à la dernière minute.

Le Qatar abrite une base militaire américaine. L’émirat est pratiquement sous la protection des Etats-Unis. L’attaque israélienne est un affront à Washington, en même temps qu’une menace sur le processus de négociations en cours. Si Israël avait voulu stopper les négociations il ne s’y serait pas pris autrement.

Plutôt que d’abdiquer Trump choisit cet incident pour redoubler de pression sur son allié israélien. Il annonce que les Etats-Unis ne reconnaîtront pas une annexion de la Cisjordanie, une possibilité régulièrement mise en avant par la droite israélienne, pour en finir définitivement avec la  « solution à deux Etats ». Un revirement par rapport à ses annoncés passées. Les Etats-Unis signent aussi un accord de défense avec le Qatar, garantissant au petit émirat la protection militaire des Etats-Unis, en cas d’attaque. Quel que soit l’assaillant.

A Sharm el Sheik, en Egypte, Witkoff et Kushner maintiennent un dialogue entre Israël et le Hamas. Sur la base du plan en vingt points. La Turquie s’est jointe aux participants. Graduellement l’idée d’une paix en plusieurs phases fait son chemin. C’était déjà le principe du cesser le feu du 19 janvier.

Première phase : cesser le feu, libération des otages, remises de prisonniers et retrait partiel israélien de Gaza.

Deuxième phase : démilitarisation du Hamas, poursuite du retrait militaire israélien, installation d’une force de stabilisation internationale

Troisième phase : reconstruction de Gaza et reconnaissance de l’aspiration du peuple palestinien à disposer d’un Etat propre.

De passage à l’Onu à New York,  pour l’Assemblée Générale le 23 septembre, et après un discours cinglant sur les échecs, les manquements et les abus de l’organisation internationale, Donald Trump préside une réunion avec les représentants de pays arabes et musulmans. Il leur présente son plan de paix en 20 points et obtient qu’ils y adhèrent. Des pays musulmans très influents comme l'Indonésie et le Pakistan suivent Trump. 

Ce n’est que fort de ce soutien qu’il présentele même plan à Benyamin  Netanyahu le 29 septembre lors d’une visite  de ce dernier à la Maison blanche. Non seulement il impose au PM israélien d’accepter le plan, mais il lui demande d’appeler son homologue Qatari pour lui présenter ses excuses quant à l’attaque du 9 septembre. Cette demande, exécutée par Netanyahu, et relatée par toutes les télévisions du monde, cele le soutien des pays arabes à Donald Trump.

Il a réussi à leur prouver son respect et son intransigeance envers les deux camps.

Après plusieurs nouveaux allers-retours entre New-York, Miami, Washington et Sharm el Sheik,  par les émissaires Witkoff et Kushner, Trump annonce le 8 octobre qu' un accord de paix entre Israël et le Hamas a été obtenu, et la libération prochaine des otages israéliens. C’est Marco Rubio, lui-même qui lui a glissé l’information à l’oreille au beau milieu d’une réunion de cabinet…

Cet accomplissement est historique. Sa signature officielle au bas de l’accord à Sharm el Sheik, le 13 octobre, est l’événement le plus important du 21e siècle, à ce jour.

Toutefois il ne faut pas se bercer d’illusions. La paix n’est pas encore définitive. Le cesser-le feu reste fragile. La seule certitude est que le Hamas est vaincu. La question de savoir comment cette organisation terroriste va gérer cette défaite constitue l’incertitude majeure d’où découlera l’avenir du cesser-le feu.

Le Hamas a déjà échoué à respecter ses engagements de la  « phase 1 », à savoir restituer les corps des otages décédés. Seuls 7 sur 28 ont été rendus. Loin de préparer son désarmement l’organisation terroriste règle ses comptes avec le peuple palestinien par des dizaines d’exécutions publiques à Gaza. Mais Donald Trump a clairement indiqué que « Le Hamas désarmera ou sera désarmé » « Ils vont désarmer, ils l’ont promis, sinon nous les désarmerons ».  Sans préciser qui était « nous ».

Les incertitudes sur l’avenir ne doivent pas masquer la recette de son succès. Trump a imposé la paix non par des concessions aux uns et aux autres, mais par la force. Le Hamas a été progressivement isolé, son parrain , l’Iran, a été mis hors d’état de nuire, après quoi les pays de la région ont été invités à contempler la promesse d’un avenir pacifié et à se rallier au plan préparé par le maître du monde.

Cette paix durera le temps qu’elle durera, mais la méthode Trump a clairement démontré son efficacité. Il est peut-être temps que certains reconnaissent qu’ils s’étaient trompés sur ses capacités comme sur ses intentions.

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