« Legal Thriller » : Les Partenaires, de John Grisham
Aux Etats-Unis, les avocats sont rois. Ils sont incontournables. On les rencontre partout. De K street, l’avenue des « Lobbies » à Washington, à Wall Street, en passant par toutes les Main Street des bourgades de province. Sans oublier les écrans de télévision et les rayons des libraires. Depuis Perry Mason, le feuilleton judiciaire est un classique télé, et depuis John Grisham, le « legal thriller » est un genre romanesque synonyme de « best seller ».
Grisham est un homme toujours jeune de 57 ans, ancien avocat bien sûr, ancien élu du Mississippi aussi, qui a inventé le « roman judiciaire à suspense » ou "thriller juridique". Son premier manuscrit, inspiré de l’histoire vraie d’un viol sur une mineure, avait été rejeté par plusieurs éditeurs avant de trouver preneur. Son second devint la meilleure vente de l’année 1991. C’était La Firme, porté depuis à l'écran. Tout comme presque tous les romans signés de M. « Legal Thriller », comme le Client, l’Affaire Pélican, Le Maître du Jeu…
Son dernier opus s’appelle « Les Partenaires » (The Litigators, en américain). Les partenaires en question sont deux avocats plutôt minables de Chicago, Finley & Figg, qui vivotent de petites affaires en rêvant du gros coup. Celui-ci se présente sous la forme de la firme pharmaceutique Varrick dont le produit phare, un médicament anti-cholestérol provoquerait des infarctus. Toute ressemblance avec un certain produit français prescrit à des personnes en surpoids et mis en cause dans plusieurs centaines de décès est, à n’en pas douter, fortuite…De même que la parution du livre à la veille de l'ouverture du procès.
Pour gagner leur affaire nos deux compères vont bénéficier de l’aide d’un jeune loup du barreau, sorti d’Harvard, David Zinc, notre héros... Mais les choses ne se passeront pas forcément comme prévu. Et s’il y a quelques leçons à tirer de cette fable moderne c’est qu’en matière de justice civile et plus particulièrement de « dommages corporels », ce n’est pas toujours le sentiment de justice qui motive plaignants et défenseurs, et que la ligne de démarcation entre « les bons » et « les méchants » est souvent floue.
Les Partenaires, John Grisham, Robert Laffont, 430 pages, 21,50 €


