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Depuis l’annonce de l’entrée en bourse de  Facebook la question que tous les journalistes et tous les sites boursiers posaient était  la même :  l’action est-elle surévaluée?  38 dollars l’unité, cela représentait une valorisation de plus de cent milliards de dollars pour la société.

Plutôt pas mal pour une compagnie qui n’a que huit ans d’existence, emploie deux mille personnes (contre cent soixante mille pour Boeing) et n’a rien à vendre sinon de l’espace publicitaire dont la rentabilité n’a pas été démontrée.   

Mais la question n’est pas nouvelle. En Janvier 2011 l’hebdomadaire britannique The Economist avait déjà posé la question à ses lecteurs. Et ils avaient répondu à une majorité de 75% que le « Social Network » était effectivement surévalué. Toutefois sa valeur totale était alors estimée à 50 milliards de dollars. Seize mois plus tard, Facebook en vaut plus du double !

Mark Zuckerberg

Pourquoi un tel bond ? Pour deux raisons. Un, Facebook a continué d’accroitre le nombre de ses inscrits, ils seraient plus de neuf cent millions désormais. Deux, la banque  Goldman Sachs a investi des millions de dollars dans Facebook, tout en recommandant à ses clients de faire de même.

Aujourd’hui, cependant, au deuxième jour de quotation,  le cours a cédé 10% pour tomber à 34 $  après une petite poussée jusqu’à  42  $ vendredi 18 mai. Le Nasdaq a évoqué un disfonctionnement technique, et non pas une fuite en règle des investisseurs.

facebook overvalued

Le 21 au matin pourtant, une nouvelle était tombée indiquant que General Motors, troisième plus gros annonceur du marché américain, venait de décider d'arrêter de financer des campagnes publicitaires sur Facebook.  Les dirigeants de la division marketing du constructeur étant parvenus à la conclusion que les publicités sur Facebook avaient un impact trop limité sur les consommateurs.

Le site Offre-MedIa  qui reprenait la dépêche précisait : «  le constructeur automobile dépense près de 40 millions de dollars en marketing sur Facebook dont 25% sont affectés à des campagnes publicitaires. Si le fait d'amputer 10 millions de dollars aux 3,7 milliards que génèrent les pubs Facebook n'est pas une fin en soi, une telle annonce représente une mauvaise publicité pour le réseau social, qui a vu ses recettes publicitaires reculer de 7,5%, au premier trimestre 2012 par rapport au trimestre précédent. »

I like sign

Cette mauvaise publicité pourrait-elle être la véritable raison de la chute brutale du cours?  Voici douze ans les valeurs Internet qui avaient connu une progression « exhubérante » et « irrationnelle » tout au long des années 1990 se sont effondrées entrainant le marché avec elle pour de longues années de marasme dont le Nasdaq se relève encore péniblement.  Mais rien n’indique qu’une nouvelle bulle ne soit pas déjà en formation dont Facebook est l’exemple le plus frappant.

Après tout, Facebook ne produit rien, ou plutôt rien de concret. Juste des informations fournies volontairement par les internautes. Or ceux-ci sont venus en masse sur ce nouveau « network » ,en grande partie parce qu’il était justement nouveau . Qu’en sera-t-il dans cinq, dix ou quinze ans,  quand Facebook aura été banalisé par le temps et que d’autres « networks » encore plus « nouveaux » auront les faveurs de la mode ?

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