Barack Obama and Michelle, election night 2008

 51,6%,  27 Etats, et 324 voix au Collège électoral en faveur de Barack Obama. C’est le résultat de l’élection américaine, tel qu’annoncé par « electionscope ». (www.electionscope.fr)
Que les Américains se rassurent, le scrutin aura bien lieu le 6 novembre et ils peuvent encore aller voter. Ils peuvent même y aller de suite si ce résultat annoncé leur déplait, car dans de nombreux Etats, on peut voter en avance et les bureaux sont ouverts.

MAP-US-2012-electionscope prévision sept 2012
Ce résultat n’est qu’une « prévision », issue d’un « modèle politico-économique ». 
Expérimenté en 1996, ce modèle a correctement prédit le  résultat des  scrutins présidentiels de 2004 et 2008, aux Etats- Unis. En 2000 « electionscope » avait annoncé une victoire d’Al Gore, contre George W. Bush. Si le premier emporta effectivement le vote populaire, il fut battu au sein du Collège électoral, du fait de son étroite défaite en Floride.


ELEC-US-RESULTATS electionscope 2012-SEPT

Néanmoins Bruno Jérôme et Véronique Jérôme Speziari, maitres de conférence respectivement à Paris II et Paris Sud, et membres de l’American Political Science Association, défendent la validité de leur modèle sachant que celui peut être affiné pour tenir compte des variations au sein de chaque Etat, de la dynamique politique au sein de ces Etats remontant jusqu’à 1952, de la crédibilité de l’exécutif sortant, ainsi que du vote des indépendants. La marge d’erreur dit Bruno Jerôme correspond à la part que tient « l’irrationnel » dans le choix des votants,  soit  4%. 
Car pour l’essentiel le choix des électeurs est déterminé par des facteurs tangibles, en tête desquels vient aujourd’hui le chômage. Cette statistique est devenue « la »  statistique déterminante, pour l’électorat américain. Et si le niveau du chômage reste élevé aux Etats-Unis, plus de 8%, son évolution, notamment ces derniers mois, s’est infléchie et cela suffirait à garantir la réélection de Barack Obama.

chomage et inflation de Reagan à ObamaLe pronostic « d’electionscope » n’a rien de surprenant. Il est en phase avec la rumeur publique  concernant l’issue de cette élection. Dans mon dernier  « post », (daté du 26 septembre), j’ai d’ailleurs reproduit une carte du Collège électoral donnant 323 voix à Obama. Ce dernier est en tête de tous les sondages depuis plusieurs mois et si Mitt Romney est parvenu à se rapprocher au bénéfice de la Convention Républicaine de Tampa, il a reperdu du terrain depuis. Par ailleurs la côte de « popularité » du président (« approval rating ») qui se situait autour de 45% depuis janvier est remontée récemment et dépasse désormais 50%.

Romney Believe in America

De quoi décourager les électeurs républicains. Ou au contraire les mobiliser ! Mitt Romney fait désormais figure « d’outsider » et même de ce que les Américains appellent d’ « underdog », « une grosse côte » dirait-on en vocabulaire turfiste,  tant ses chances de victoire sont dites faibles. Alors qu’au début de la campagne les observateurs s’interrogeaient pour savoir comment un président sortant avec un bilan économique aussi défavorable allait pouvoir se faire réélire, ces mêmes observateurs  claironnent aujourd’hui qu’il ne peut plus être battu.
Il reste six semaines aux Américains et à Mitt Romney pour déjouer les pronostics. L’Amérique aime aussi les  « underdogs ».