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L’annonce est passée totalement inaperçue. Et c’est exactement ce que souhaitait la Maison Blanche !

Le 21 septembre, à l’occasion d’une visite en Nouvelle Zélande, le Secrétaire à la Défense américain, Leon Panetta,  a annoncé que les trente mille soldats déployés en Afghanistan depuis 2009 dans le cadre du « surge » ( »sursaut »), ordonné à l’époque par le Général David Petraeus, étaient désormais rentrés aux Etats-Unis.

Compte tenu du décalage horaire l’annonce est tombée en pleine nuit aux Etats-Unis…

leon panetta in new zealand

Sauf à faire cette annonce depuis un îlot du pacifique, ou depuis la stations spatiale internationale, on ne peut imaginer de destination plus éloignée du théâtre de ces opérations et des Etats-Unis que la Nouvelle Zélande, ni de timing plus incongru... Aucune communication en Afghanistan, aucune cérémonie en l’honneur de ces troupes, aucune annonce à Washington. Aucune félicitation du président pour le travail accompli ! Comme si tout cela devait passer inaperçu.

Ce qui a été le cas ! Le communiqué a été repris en tout petit dans les entrefilets des grands quotidiens américains, perdus au fond des pages intérieures...

Quand les Américains envoient leurs GI’s protéger des populations étrangères et donc se sacrifier pour elles, ils aiment que ce sacrifice soit honoré. Or ici, rien. Silence radio. Circulez il n’y a rien à voir !

Welcoming Haka for Leon Panetta

Pourquoi ?  

Si les Américains voulaient rester discret sur cette annonce pour cacher cette nouvelle réalité aux Talibans, c’est qu’ils connaissent  bien mal leurs ennemis. Les Talibans ont tout  leur temps – c’est ce qu’ils répètent sans cesse aux troupes de l’Otan, mieux équipés qu’eux, « vous avez les montres, mais nous avons le temps ». ¨Peu importe la date à laquelle les troupes internationales se retireront ce jour là les taliban seront prêts.  

Etait-ce pour éviter que la nouvelle ne se répande trop vite et ne débouche sur des troubles importants avant même l’élection présidentielle américaine ce qui nuirait aux chances de réélection du président Obama. C’est possible.

Quoiqu’il en soit si l’administration Obama considérait cette mission comme un succès, elle aurait été plus prompte à en parler. Et c’est là qu’il faut chercher l’explication.  

afghanistan taliban fighters

Voici quatre ans durant la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama avait constamment répété que l’administration Bush s’était trompée de guerre. L’Irak n’était pas la bonne cible, les choses sérieuses se passaient en Afghanistan. Lui, saurait s’en occuper. Certes Ben Laden a été neutralisé, « avec extrême préjudice », comme disent les militaires… mais la situation en Afghanistan est loin d’être résolue, ou même stabilisée.

Le départ en catimini des Américains  illustre un changement radical de politique qui ne veut pas dire son nom. La Maison Blanche estime que la mission n’est plus gagnable et que l’essentiel est de préserver la vie des troupes U.S. C’est un retrait  stratégique sur ce terrain particulier,  et un replis beaucoup plus considérable quand au futur rôle de l’Amérique dans le monde…

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