Dans la course à 2016, déjà lancée, le fils de Ron Paul surfe sur la vague « libertarienne ». Terme barbare auquel il faudra s’habituer. Il traduit la foi historique américaine en l’individu, base sur laquelle Rand Paul veut refonder le parti républicain. 

Libertarian agenda2eme partie: Qu'est-ce qu'un "Libertarien"?

Le courant  « libertarien » a toujours existé dans l’histoire et l’imaginaire américains. Il est constitutif de l’idéologie du « self made man ». On le retrouve aussi chez des auteurs du XIXe siècle comme Henry David Thoreau, qui refusait de payer des impôts et vivait retiré dans une cabane, que dans la foi dans l’individualisme d'une philosophe comme Ayn Rand, ou de la foi dans l’économie de marché d'un Milton Friedman.

Ayn RandMilton Friedman
Présenté de façon schématique  ce courant peut s’assimiler à une forme d’anarchisme de droite. C’est-à-dire à une totale liberté laissée à l’individu d’agir en société dans le respect de la loi et du droit de propriété. Le rôle du gouvernement étant réduit à celui de garantir la sécurité, à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières.
Dans son adoption la plus pure ce courant n’a jamais représenté plus de 1% de l’électorat américain. Récemment avec l’explosion de la dette publique américaine, et l’intervention massive de l’Etat dans la machine économique en 2008 et 2009 pour tenter d’enrayer la crise, de plus en plus d’Américains se sont intéressés à ce que devrait être le rôle de l’Etat. Avec un nombre conséquent d'entre eux favorables à un rôle aussi limité que possible. Ainsi, le courant libertarien a soudain connu un formidable accès de popularité.
Rand Paul n’en offre pas une version extrême. Au contraire. Il concède au gouvernement un rôle de régulateur. Notamment sur les questions environnementales. Il revendique une forme d’écologie de droite. « Je fais de la marche, du vélo, du kayak, et même du compost », dit-il.

Henri David Thoreau En fait Rand Paul se présente contre les trois « big » de la politique américaine. Contre le « big government », contre le « big business »,  et contre le «  big money ». Il rejette l’Etat tentaculaire, critique les multinationales qui délocalisent  au nom du profit, et pourfend leur allié, la finance internationale. Bref il veut capitaliser sur le vent de révolte qui souffle aussi bien contre Washington, que contre Wall Street.
Il soutient le petit entrepreneur, le petit artisan, ou le petit agriculteur, surtout si ce dernier fait du bio… Et Paul est ouvert sur la question de l’immigration à quiconque « vient aux Etats-Unis avec l’ambition de travailler, pas d’être assisté ».  Au passage,  il inquiète à gauche, parce qu’il n’hésite pas à labourer sur leurs terres naturelles.

Tea Party, take back america
Le parti Républicain est en pleine reconstruction suite au choc de la défaite de Mitt Romney en novembre 2012. Le visage qui sera le sien en 2016 est encore flou. Rand Paul compte le modeler à son image, pour en devenir le leader naturel et être candidat à la présidence.
Certains signes ne trompent pas. A part la Californie, Paul a visité deux autres Etats récemment, l’Iowa et le New Hampshire, les Etats où se tiennent les deux premières primaires de la saison électorale…