Donald Trump and Mike Pence Republican Convention

L’équipe du « president-elect » Donald Trump prend forme. Elle reflète les engagements de campagne du candidat Trump. On y trouve des personnalités étrangères à Washington, voire au monde politique, et plutôt issues de l’entreprise, ou des rangs de l’armée. Le souci dominant est celui de l’efficacité réformatrice

 

Six dirigeants d’entreprises, cinq élus du Congrès,  quatre femmes dont une d’origine asiatique, trois généraux en retraite, deux banquiers, un mèdecin africain-américain,! Voilà à quoi ressemble l’administration Trump après 17 nominations sur 21  postes à pourvoir.  

 Tous ces hommes et femmes devront recevoir l’assentiment du Sénat avant de prendre leur fonction. Ce qui pourrait présenter quelques difficultés pour certains. Mais ils donnent une idée précise de la façon dont Donald Trump entend gouverner. Le président élu s’est entouré de capitaines d’industrie et de décideurs, d’hommes et de femmes d’action qui, à défaut d’être des sommités, ont démontré, leur capacité et leur efficacité à diriger.

Petit tour d'horizon de la nouvelle administration américaine.

1ere Partie : Défense et Relations Internationales

Reince Preibus 1

 A la Maison Blanche, Trump s’est entouré de Steve Bannon,  journaliste anti-conformiste, issu du groupe Breitbarth, de Reince Preibus, l’ancien président du parti républicain, qui devient son directeur de cabinet (« chief of staff ») et de Stephen Miller, 30 ans, un de ses principaux assistants pendant la campagne et l’auteur de son discours à la convention de Cleveland. Miller hérite du poste de Conseiller du président et sera un des hommes clés de la réforme de l’immigration, dossier qu’il a déjà étudié.  

Steve Bannon 2

Stephen Miller 1

 

 

 

 

 

 

 Pour diriger le Pentagone, Donald Trump a désigné James Mattis. Mattis est un général des Marines, âgé de 66 ans, qui fut le commandant du US. Centcom (« central command ») pour l’Afrique du Nord, le Moyen Orient et l’Asie Centrale de 2010 à 2013, donc sous l’administration de Barack Obama. Son attitude sur le terrain lui a valu le surnom de « mad dog » (« chien fou ») et ceux qui le connaissent le comparent au général George Patton, célèbre pour sa grande gueule, et son instinct guerrier. Ce sont ses désaccords avec le  président Obama sur la stratégie de la guerre contre le terrorisme qui précipitèrent le départ de Mattis à la retraite. Comme la Constitution impose que le chef du Pentagone soit un civil, depuis sept ans ou plus, il faudra que le Sénat lui accorde une dérogation pour qu’il soit confirmé dans sa fonction.   Les Républicains y ayant la majorité des sièges, cela ne devrait être qu’une formalité.

general John Mattis 1

Les autres artisans de la politique de sécurité des Etats-Unis sont le général Michael Flynn, nommé Conseiller à la sécurité nationale, et le général John Kelly, en charge de la sécurité du territoire (Homeland Security). Flynn dirigea le renseignement militaire au sein du département de la Défense de 2010 à 2012, après avoir servi en Irak et en Afghanistan. Il fut évincé par le président Obama pour ses nombreuses critiques à l’égard de la stratégie américaine face au terrorisme. Flynn est l’auteur de l’essai « Field of Fight » ( le « champ de bataille », non encore traduit en français), livre dans lequel il détaille son plan pour vaincre l’Etat Islamique. Celle-ci passe par un rapprochement avec la Russie, également confrontée à la menace djihadiste, et une guerre totale, y compris sur le terrain des idées et de la propagande. Flynn s’est insurgé contre  l’administration Obama pour son refus de citer et dénoncer, l’islamisme radical, comme moteur du terrorisme. Il rappelle que la guerre contre le nazisme et le communisme eut aussi un front idéologique qui mobilisa en son temps Hollywood et Madison Avenue. Il estime aussi qu’il existe aux Etats-Unis et en Europe des cellules islamistes dormantes  prêtes à agir et qui seront activées le moment venu…

Michael Flynn National Security Advisor

Le général Kelly a également servi avec les Marines en Afghanistan et en Irak, avant d’être affecté au Centcom pour la région Amérique latine et centrale. Ses deux fils sont également des Marines, l’un a été tué en Irak. Pour Kelly, les combattants de l’Etat islamique et d’Al Qaida sont motivés par une « haine irrationnelle de qui nous sommes ». La guerre engagée est bien une guerre des civilisations.

general John Kelly 1

 A la tête de la CIA, l’agence de renseignements américaine aux vingt mille employés et quinze milliards de dollars de budget   (hors opérations secrètes), Trump a placé Mike Pompeo. C'est un élu républicain du Kansas qui fut un virulent critique d’Hillary Clinton durant les audiences sur l’affaire de Benghazi. Il a aussi depuis dénoncé l’accord international conclu avec l’Iran. Pompeo est partisan d’une CIA « engagée », du recours aux actions clandestines et des interrogatoires musclés.

mike pompeo designated CIA Director

Pour diriger le volet diplomatique de la politique étrangère américaine Donald Trump a désigné Rex Tillerson, l’ancien patron de la compagnie Exxon-Mobil,  également multimillionnaire (son salaire pour la seule année 2015 étant estimé à 27 millions de dollars).  En tant que futur Secrétaire d’Etat, Tillerson sera l’un des hommes les plus en vue de l’administration. Son choix fut long à se préciser. Tillerson est âgé de 63 ans. C’est un ingénieur de formation originaire du Texas, qui a passé toute sa carrière au sein du groupe Exxon, devenu Exxon-Mobil. Il a parcouru le monde au nom de sa compagnie et connait de nombreux acteurs internationaux, dont le président de la Russie, Vladimir Poutine, rencontré à l’occasion de la signature d’un partenariat avec le géant russe du pétrole Rosneft. Cette proximité pourrait d’ailleurs lui valoir quelques questions pointues lors de ses audiences de confirmation. Plusieurs sénateurs républicains, John Mc Cain, Lindsay Graham et Marco Rubio, rejettent l’idée d’un rapprochement avec la Russie de Poutine, et voient la nomination de Tillerson avec méfiance. Les Républicains ayant une majorité de deux sièges au Sénat, la défection de trois sénateurs peut suffire pour rejeter une nomination…

 Rex Tillerson et Vladimir Poutine

Cela reste peu probable car les Sénateurs accordent généralement leur confiance à l’équipe du  président nouvellement élu. Il faut remonter près de trente ans en arrière pour trouver une nomination au sein du « cabinet » rejetée.  

(A suivre 2e partie: Economie et politique intérieure)