FBI insignia

En littérature fantastique, quand un créateur fou engendre un monstre,  le monstre finit toujours par se retourner contre lui. Tel le Dr Frankenstein de Mary Shelley, ou le Dr Tyrell de Phillip Dick, le créateur meurt,  tué par sa propre créature  qui dans son élan destructeur emporte aussi sa famille et sème le chaos. C’est la morale de l’histoire. Elle vient rappeler aux hommes qu’il ne faut pas jouer à Dieu, sauf à s’exposer à une sanction terrible.

Cette morale s’applique aussi en politique. Et pour l’avoir ignoré, les Démocrates américains en payent aujourd’hui le prix. La publication ce week-end aux Etats-Unis  d’un document confidentiel, attendu depuis des semaines, a symbolisé cette morale. Elle apporte un éclairage des plus inquiétants sur la manipulation des institutions américaines par les partisans d’Hillary Clinton. Témoignage qui implique de nombreux acteurs de l’administration Obama et affaiblit encore un peu plus la confiance des électeurs envers leur gouvernement. Avec le "Russiagate", les Démocrates ont inventé un monstre avec l'intention de mettre à bas leur adversaire, mais ce sont eux qui sont désormais balayés par ce monstre qui menace l'ensemble des intitutions américaines... 

Pour résumer, les Américains ont appris cette semaine que l’enquête sur une possible « collusion » entre l’équipe de Donald Trump et la Russie avait été engagée des 2016 sur la foi de fausses informations fournies au FBI par l’entourage d’Hillary Clinton. Ces fausses informations ont permis au FBI de mettre sur écoutes les membres de l’équipe Trump, c’est-à-dire d’espionner des citoyens américains à des fins politiques… Pire, les plus hauts dirigeants du FBI avaient parfaitement conscience d’être manipulés, mais ils ont  participé à la mise en scène, avec la volonté de faire obstacle à une possible victoire présidentielle de Donald Trump.  

President Trump 2018

En clair : l’histoire d’une collusion avec la Russie est une invention des dirigeants de la campagne d’Hillary Clinton, qui ont payé un intermédiaire pour constituer un « dossier » contre Donald Trump. Ce dossier  a ensuite été transmis au FBI qui, sur la foi de son contenu – des allégations non vérifiées- a diligenté des écoutes et des enquêtes à l’égard des proches de Donald Trump. Une fois Trump  parvenu à la Maison Blanche, ces enquêtes ont servi de prétexte pour tenter d'engager une procédure de destitution contre le président légitimement élu…

Certes le stratagème a échoué.  Trump est toujours en place et plus solide que jamais. Mais les révélations qui se succèdent mettent à mal la relation des Américains avec le département de la Justice – troisième branche du pouvoir supposée être indépendante – et avec le FBI, service de renseignements intérieur, une des institutions essentielles de la démocratie américaine.

Depuis des semaines, il n’était question à Washington que d’une chose « le mémo » ! Le « mémo », c’est-à-dire le « memorandum » : une note confidentielle rédigée par les assistants de  Devin Nunes, élu de Californie et président de la Commission du Renseignement de la Chambre. Ce mémo était censé faire le point sur les agissements du FBI dans le cadre de l’enquête sur les liens entre les proches de Trump et le Kremlin pendant la campagne présidentielle  de 2016. Les Républicains insistaient pour que le mémo soit rendu public. Il contenait, selon eux, des informations capitales, dont les électeurs américains devaient avoir connaissance. Les Démocrates s’opposaient farouchement à une telle publication. A leurs yeux , le document, alors  classé « confidentiel», contenait des informations susceptibles de « mettre en péril la sécurité nationale des Etats-Unis ». Sa publication devait être évitée à tout prix…

Devin Nunes U

Finalement le 30 janvier, les élus de la Commission du renseignement ont voté pour « déclassifier » le mémorandum, c’est à dire autoriser sa publication. Seul le président pouvait s’y opposer. Il ne l’a pas fait,  et le 4 février les 4 pages dactylographiées du « mémo » ont été rendues publiques sur le site internet du Congrès. Dans les minutes qui ont suivi ce site est tombé en panne, incapable de répondre  à l’avalanche de requêtes pour télécharger le document.

Comme quoi les Républicains avaient au moins raison sur l’intérêt du public pour son contenu.  

Depuis, l’examen détaillé du mémo a permis de mettre à jour une véritable machination politique  mise en place par le FBI, avec la complicité du parti démocrate et de certains très hauts responsables de l’administration Obama.

FISa and National security

Dans le cadre de la loi « FISA », le FBI a obtenu des mandats d’écoutes à l’encontre de certaines personnalités de l’équipe de campagne de Donald Trump. La Loi FISA « Foreign Intelligence Surveillance Act », est une loi de 1978, qui autorise la mise en place d’écoutes téléphoniques à l’encontre de citoyens américains soupçonnés d’intelligence avec des gouvernements étrangers. C’est une règlementation exceptionnelle et très stricte, qui demande une observance minutieuse de certains critères. Ces critères ont été ici bafoués.  Le FBI a obtenu ses mandats sur la foi d’informations façonnées de toute pièce, et fournies par l’entourage d’Hillary Clinton, en sachant que ces informations étaient fausses, ou au moins non vérifiées. Le FBI a délibérément abusé de ses pouvoirs, et trompé la justice américaine, pour parvenir à ses fins. Ses fins étaient strictement politiques puisqu’il s’agissait, de l’aveu même de hauts responsables du FBI à l’époque,  de faire barrage à l’élection de Donald Trump à la présidence.

Bref le parti Démocrate dans son zèle pour favoriser l’élection d’Hillary Clinton a perverti et détourné les institutions américaines. Profitant de sa mainmise sur le pouvoir exécutif et judiciaire,  le parti Démocrate a utilisé les institutions américaines pour tenter d’écarter le parti adverse, les Républicains et leur candidat Donald Trump  de ce même pouvoir. Aux Etats-Unis, certains médias pro-Trump évoquent rien moins qu’une  tentative de coup de d’Etat judiciaire. Tentative dont les Américains n’auraient jamais entendu parler bien sûr si Hillary Clinton avait gagné à la place de Donald Trump....

Dès avant la publication du « mémo », Andrew Mc Cabe, numéro deux du FBI, impliqué dans cette manipulation, ainsi que dans l’affaire des émails frauduleux d’Hillary Clinton avait remis sa démission. Plusieurs agents impliqués dans les faits ont été suspendus ou transférés. Il est probable que d’autres têtes tombent. Il est même possible que cette affaire  sensationnelle  débouche sur une réorganisation majeure et un examen de conscience du FBI, institution apolitique sensée protéger les citoyens américains, et qui est ici prise en flagrant délit d’abus de pouvoir et de partialité politique…7

Andrew Mc Cabe FBI deputy Director dismissed

Les révélations contenues dans le « memo » ne mettent pas un terme automatique à l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller. Elles sapent néanmoins considérablement les fondements de son action et rendent toutes les informations collectées irrecevables devant un tribunal…

Donald Trump s’est empressé de publier quelques tweets vengeurs, s’estimant « totalement innocenté » par les révélations du mémo.

De leur côté, les Démocrates ont accusé le coup et tenté de reporter l’attention du public, non pas sur les révélations contenues dans le «-mémo », mais sur le fait qu’il s’agissait d’un document  incomplet  et partisan alors même que l’enquête continuait.  La plupart des médias sont également allés dans ce sens.

Il n’empêche, le FBI sort très affaibli et décrédibilisé par les révélations du mémo. Quant à la tentative de déstabilisation de Donald Trump bâtie autour d’une collusion avec la Russie, elle a désormais du plomb dans l’aile.