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2016 est une année électorale aux Etats-Unis. Le 8 novembre les Américains éliront un nouveau président. Qui sera, quoi qu’il arrive, effectivement « nouveau ». La constitution des Etats-Unis limite le nombre des mandats présidentiels à deux – 22e  amendement ratifié  le 27 février 1951 – Barack Obama ne peut donc pas se représenter. Elu en 2008, face à John Mc Cain, réélu en 2012, cette fois face à Mitt Romney, il doit désormais laisser la place et se retirera le 20 janvier 2017.
La bataille pour sa succession est grande ouverte.
Côté démocrate Hillary Clinton est largement favorite pour emporter la nomination. Côté républicain, la plus grande incertitude règne. Le favori des sondages depuis six mois, et l’homme qui écrase la course par une domination médiatique quasiment sans partage est Donald Trump. Mais sa candidature déplait à certains et en inquiète beaucoup au sein même du parti. Du coup toutes les alternatives possibles sont envisagées…

Hillary Clinton campaign 2016

Si la campagne a été lancée l’été dernier avec, côté républicain, des débats entre la quinzaine de candidats déclarés, dès le mois d’août 2015, aucun vote n’a encore été enregistré. Cette saison, qu’on appelle celle des « primaires », première étape du processus électoral américain, ne commencera que dans quelques jours, le 1er février exactement avec le traditionnel « caucus de l’Iowa », suivi une semaine plus tard par la, non moins traditionnelle, « primaire du New Hampshire».
Les primaires s’achèveront le 14 juin avec le vote des électeurs démocrates de la capitale Washington D.C.. Entre ces deux dates tous les Etats (et mêmes les « territoires » comme Porto Rico, Guam, les Îles Vierges, ou autres) auront pu s’exprimer en désignant – soit par un vote direct, soit lors d’assemblées qu’on appelle « caucus » - des délégués attachés à tel ou tel candidat pour, le jour de la Convention Nationale du parti,  lui attribuer officiellement la nomination.

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Le premier temps fort de la campagne viendra le 1er mars. Ce jour-là quatorze Etats se prononceront dont le Texas, géant démographique, mais aussi le Colorado, la Géorgie, le Massachusetts, la Virginie, et d’autres. Cette journée a donc été baptisée « super-mardi ». Elle pourrait permettre à un candidat de prendre un ascendant déterminant sur ses adversaires.  Le deuxième temps fort viendra quinze jours plus tard, le 15 mars avec le vote d’Etats importants comme la Floride, l’Illinois, l’Ohio, ou la Caroline du Nord. Pour le troisième temps fort, il faudra attendre le 26 avril, jour où cinq Etats du nord-est, dont la Pennsylvanie, le Maryland et le Connecticut,  s’exprimeront. Scellant, sans doute, la victoire de l’un des candidats et les désillusions des autres…

Republican-Candidates 2016

Il ne sera donc pas forcément nécessaire d’attendre la date du 14 juin pour connaître l‘identité des deux « champions ». Dès qu’un candidat aura rassemblé derrière son nom une majorité de délégués, la nomination lui sera mathématiquement assurée. Selon les calendriers ce point de bascule survient en mars, avril ou mai. En 2008, lors de l’affrontement entre Hillary Clinton et Barack Obama, chez les Démocrates, il avait fallu attendre le mois de juin,  tant la course entre les deux était serrée.
Cette année, ce point de bascule pourrait être atteint dès le 15 mars, côté démocrate, mais pas avant le 26 avril,  côté républicain. Ce décalage tient au fait que les candidats sont beaucoup plus nombreux chez les Républicains -plus d’une dizaine- que chez les Démocrates –trois-  entrainant une division et même, une dispersion des voix et rendant le seuil de la majorité  beaucoup plus difficile à atteindre.
Néanmoins, comme c’est le cas à chaque fois, la campagne réservera inévitablement des surprises.

Bernie Sanders for president

Côté démocrate celles-ci peuvent venir du soutien accordé à Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont, « socialiste » convaincu et avoué, jouit d’une popularité surprenante. Alors que le courant idéologique qu’il représente rassemble moins de 5% des électeurs américains, sa cote dans les sondages est à 30% et parfois plus. Il pourrait remporter la primaire du New Hampshire le 9 février, ce qui serait une première historique.
Côté républicain, l’attention se portera inévitablement sur le score de Donald Trump, dès le vote de l’Iowa, mais surtout lors des trois scrutins suivants, ceux du New Hampshire, du Nevada et de Caroline du Sud. Ces trois Etats, l’un du nord-est, l’autre de l’ouest, le troisième du sud, de par leur diversité géographique, donneront une idée plus complète de la popularité réelle de l ‘homme à la grande mèche blonde…

Donald Trump thumbs-up


Voici l’ensemble du calendrier des primaires présidentielles 2016 pour les 50 Etats américains. Le terme « caucus » indique que le vote se déroule lors « d’assemblées », et non par suffrages directs. Le nombre de délégués en jeu dans chaque Etat est précisé. Chaque parti ayant ses propres règles, ce nombre n’est pas forcément le même pour les Républicains et les Démocrates. Lorsque le  vote ne se déroule pas le même jour pour les deux partis, celui concerné est indiqué entre parenthèses.

Date        Etats         Délégués    


Février :
1er : Iowa (caucus) – 52 D, 30 R
9 :    New Hampshire  -  32 D, 32 R
20 :  Nevada Dem (caucus) – 43 ;  
       Caroline du Sud Rep – 50
23 :  Nevada Rep (caucus) – 30 ;
27 :  Caroline du Sud Dem – 59 ;


Mars
1er Super-mardi !
    Alabama,     60 D, 50 R :
    Alaska Rep (caucus) -     28 ;
    Arkansas    37 D, 40 R ;
    Colorado (caucus)     79 D, 37 R ;
    Georgie    116 D, 76 R ;
    Massachusetts     116 D, 42 R ;
    Minnesota (caucus), 93 D, 38 R ;
    Dakota du Nord Rep (caucus), 28 ;
    Oklahoma    42 D, 43 R ;
    Tennessee, 76 D, 58 R    ;
    Texas    252 D, 155 R ;
    Vermont, 26 D, 16 R    ;
    Virginia, 110 D, 49 R ; 
    Wyoming Rep (caucus), 29 :
5 : Kansas (caucus), 37 D, 40 R ;
     Kentucky Rep (caucus),    45 ;
     Louisiana    58 D, 47 R ;
     Maine Rep (caucus), 23 ;
     Nebraska Dem (caucus) 30 ;
6 : Maine Dem (caucus), 30 ; 
8 : Hawaii Rep (caucus), 19 ;
     Idaho Rep, 32 ;
     Michigan,148 D, 59 R ;
     Mississippi, 41 D, 40 R ;
12: District of Columbia (Washington D.C) Rep (caucus), 19 ;
15: Floride,     246 D, 99 R ;
      Illinois    182 D, 69 R ;
      Missouri 84 D, 52 R ;
      Caroline  du Nord,     121 D, 72 R ;
      Ohio    159 D, 66 R ;
22 : Arizona    85 D, 58 R ; 
      Idaho Dem (caucus) 27 ;
      Utah    37 D, 40 R   
26 : Alaska Dem (caucus)    20 ; 
       Hawaii Dem (caucus)    34 ;
       Washington Dem (caucus)118 ;  

  
Avril
 5 : Wisconsin    96 D, 42 R ;
 9 :  Wyoming Dem (caucus)    18
19 : New York 291 D, 95 R ;
26 : Connecticut    70 D, 28 R ;
       Delaware    31 D, 16 R ;
       Maryland    118 D, 38 R ;
       Pennsylvania    210 D, 71 R ;
       Rhode Island    33 R, 19 R ;


Mai
 3 : Indiana    92 D, 57 R ;
 10: Nebraska Rep    36 ;
      West Virginia    34 D, 37 R ;
 17: Kentucky Dem    61 ;
       Oregon    73 D, 28 R ;
24:  Washington Rep      44 ;

 Juin
7 : Californie    546 D, 172 R ; 
     Montana    27 D, 27 R ;
     New Jersey 142 D, 51 R ;
     Nouveau Mexique    43 D, 24 R ;
     Dakota du Nord Dem (caucus)    23 ;
     Dakota du Sud 25 D, 29 R ;
14 : District of Columbia (Washington D.C.) Dem     46